YOM KIPPOUR

YOM KIPPOUR

Yom Kippour, le Grand pardon

Aussi écrit : Kippour, Yom HaKippourim, Jour des Expiations.

Observée le 10 Tichri (septembre-octobre), la fête de Kippour est marqué par un jeûne intégral destiné à obtenir le pardon des fautes commises pendant l’année passée. C’est la fête la plus respectée du judaïsme.

Bien que Yom Kippour soit présenté dans la Torah comme une fête dont l’observance a été ordonnée par Dieu à travers Moïse, plusieurs historiens et exégètes contemporains proposent de placer son apparition historique à l’époque perse achéménide, au VIe siècle avant notre ère, à l’époque où se développe dans le judaïsme une véritable théologie pénitentielle.

De l’affliction à la réjouissance

Initialement, Kippour appartenait à la catégorie des « fêtes tristes » puisque pour l’observer, les fidèles s’imposent une série de contraintes. Néanmoins, dès l’Antiquité, la fête a été interprétée comme une occasion de réjouissance qui n’était pas jugée incompatible avec le jeûne. Dans la Mishna, la fête est ainsi présentée comme l’un des deux jours de l’année les plus fastes (yom tov) pour Israël. Cette interprétation met l’accent sur le fait que l’expiation engendre le pardon divin, une théologie qui donne à la fête l’une de ses dénominations courantes, le « Grand pardon ». Ainsi, ce serait à Kippour que le sort de chaque individu, en suspens depuis Roch Hachana – une fête célébrée 10 jours plus tôt – serait finalement scellé.

De plus, les rabbins du Talmud confèrent à la fête une dimension commémorative en en faisant le jour anniversaire du Don divin des secondes tables de la Loi, en remplacement de celles que Moïse détruisit après l’épisode du veau d’or.

Enfin, la fête est associée à l’espoir d’une future reconstruction du temple de Jérusalem, et acquiert ainsi une dimension eschatologique : Kippour est réputée être l’une des rares fêtes qui seront encore célébrées dans le monde à venir.

Dans l’Antiquité, l’aspect joyeux de la fête se manifestait par diverses pratiques, tels des danses dans l’espace public et le port de vêtement de fête, parfois blancs pour symboliser le pardon des péchés. 

La préparation à Kippour : les 10 jours de Techouva

De nombreux rites de repentance sont accomplis pendant les 10 jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour – nommés Techouva, « retour » – et en particulier la veille de cette fête. Il est notamment d’usage de collecter des fonds pour des œuvres de charité, et divers événements sont organisés dans ce but.

Un rite d’expiation symbolique, nommé Kapparot (« Expiations ») et apparu au IXesiècle, est pratiqué par quelques communautés orthodoxes : il nécessite des poulets, parfois remplacés par des poissons, lesquels sont remis à des associations de bienfaisance afin de nourrir des nécessiteux. On cherche à obtenir le pardon des personnes qu’on a offensé pendant l’année passée, sans quoi le pardon divin ne peut être accordé. La veille de Kippour est l’occasion de repas de fête qui expriment la confiance des fidèles en la miséricorde divine.

Le grand jeûne et les restrictions liées.

Conformément aux prescriptions de la Torah, tous les interdits en vigueur le jour du sabbat le sont également à Kippour, qui est donc une fête intégralement chômée. Elle dure environ 25 heures, de la tombée de la nuit le 9 Tichri à la tombée de la nuit le lendemain, pendant lesquelles un jeûne intégral – sans nourriture ni boisson – est observé. Ces restrictions alimentaires s’accompagnent d’une série d’autres interdits qui accompagnaient déjà les jeûnes pénitentiels ponctuels dans la Bible. 

D’autres interdictions ont été rapidement ajoutées, comme celle de se couper les cheveux. Certaines, prônées par une partie des rabbins, comme l’obligation de dormir par terre, n’ont pas été retenues, au motif qu’elles risquaient de mettre en danger la santé des fidèles. Les rabbins introduisent donc une série d’exceptions pour les personnes fragiles, notamment les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes et allaitantes. Quant aux enfants, ils ne sont concernés qu’à l’âge de la majorité religieuse, soit 12/13 ans, mais on recommande de commencer à les habituer progressivement au jeûne quelques années plus tôt.

L’injonction de la Torah selon laquelle celui qui ne respecterait pas Kippour sera retranché d’Israël a conduit à diffuser son observance même parmi les juifs par ailleurs peu pratiquants. Ce statut spécifique était déjà reconnu à l’époque romaine. Au début du Ier siècle de notre ère, l’écrivain juif Philon d’Alexandrie affirmait que même ses coreligionnaires qui n’accomplissaient aucun autre rite respectaient cette fête. Dans le Talmud, son importance se mesure au fait qu’elle est parfois appelée « le Jour » (Yoma en araméen) ou « le Grand Jour ».

Une liturgie synagogale élaborée

Une des spécificités de Kippour est que les fidèles réunis à la synagogue portent leur châle de prière (tallit) en continu. L’office débute, le premier soir de la fête, par un chant traditionnel d’origine médiévale, nommé Kol Nidrei (« Tous les vœux »). La prière intègre une confession des péchés lors de laquelle on se frappe la poitrine au niveau du cœur.

Le lendemain, les plus pratiquants passent la quasi-totalité de la journée à la synagogue, puisque l’office y est célébré à 5 reprises au lieu de 2 pour les jours ordinaires et 3 pour la plupart des jours de fête. La confession des péchés est réitérée et on lit les passages de la Torah relatifs à la fête de Kippour ainsi qu’au temple de Jérusalem. De nombreux poèmes, chants et prières sont également récités. On demande notamment à Dieu de se souvenir avec bienveillance des parents défunts.

L’office du 2e soir, le plus fréquenté de l’année, s’achève sur la sonnerie de la corne du bélier – le chofar – suivant la prescription du Lévitique :

Lévitique 25,9 : « Le septième mois, le dix du mois, tu feras retentir le cor pour une acclamation ; au jour des Expiations vous ferez retentir le cor dans tout votre pays. » La sonnerie du chofar signale la fin du jeûne. Yom Kippour katan

Posté le 13/09/2018 Accueil, Cacher 21

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